Souriant, aimable, poli, accueillant… autant de qualificatifs qui décrivent le peuple Thaïlandais. Depuis le jeudi 13 octobre, jour de la disparition du Roi Bhumibol, on peut ajouter à cette liste non exhaustive: « uni dans la douleur ». Vénéré par les quelques soixante huit millions d’habitants que compte son Royaume, Rama IX (nom dynastique de Bhumibol Adulyadej) est, plus que jamais, considéré comme un Dieu vivant. Et le culte autour de sa mort ne devrait qu’accentuer ce sentiment.

Comment le Pays a-t-il réagi suite à l’annonce de la mort du Roi ?

La Thaïlande s’est figée, à 19 heures précises. Le Pays était suspensu à la télévision nationale, et, malgré tout, s’attendait à la nouvelle : « Le Roi est mort paisiblement à l’hôpital Siriraj », a annoncé le présentateur, visiblement très ému, lisant le communiqué du Palais royal.

Suite à cette annonce, le premier Ministre Thaïlandais, Prayuth Chan-O-Cha, a exhorté ses compatriotes à poursuivre l’héritage du Roi. La vie doit continuer et les acteurs économiques doivent également prendre part pour poursuivre l’héritage du Roi….

La bourse Thaïlande, a, quant à elle, bien réagi, grâce à ses fondamentaux économiques solides et stabilisateurs.

La régence et la succession royale du Prince héritier :
Après son entretien avec le Prince héritier Maha Vajiralongkorn, le premier Ministre Prayut Chan-o-Cha a informé les Thaïlandais que le futur Roi sollicitait un délai avant de monter sur le trône, ce qui a automatiquement déclenché le processus de régence. Cette régence sera assurée par l’ancien général et chef de l’armée Prem Tinsulanonda, 96 ans. Depuis des années à la tête du Conseil privé du roi Bhumibol Adulyadej, Prem est un des personnages les plus actifs de la scène politique thaïlandaise et une figure de stabilité, ce qui devrait rassurer les investisseurs. La régence s’étendra jusqu’à la crémation du Roi, ce qui pourrait arriver dans un an.
Les touristes invités à prendre part au deuil national :
La période de deuil national s’étirera, au niveau des instances gouvernementales, sur une année entière à compter du 14 octobre 2016.
La société civile respectera elle aussi le deuil national et adaptera le comportement opportun : discrétion, port de vêtements de couleurs sombres, minimisation des célébrations voire annulation de certains événements culturels jusqu’au 13 novembre, soit pendant 30 jours. A la suite de cette période, la priorité ira vers les activités culturelles et religieuses qui reprendront petit à petit. Pour les autres manifestations telles que les concerts, spectacles, festivals, marathons, la reprise se fera progressivement.
L’agence gouvernementale du tourisme a informé les touristes qu’ils restaient les bienvenus mais étaient priés de s’adapter aux circonstances. Tout comme les Thaïlandais, ils sont invités à s’habiller de manière discrète, en couleurs sombres et à se comporter de manière respectueuse.
De nombreuses festivités ont été annulées. La reprise d’activités se fera progressivement, dans les prochaines semaines. Il a également été demandé aux propriétaires de bars et de night-clubs d’envisager une réduction de leurs activités pendant quelques semaines. Vous retrouverez ici la liste non exhaustive des établissements, événéments, activités, musées ou encore manifestations culturelles concernés. A noter également qu’un grand nombre de musées et parcs historiques nationaux ont annoncé leur gratuité, et ce, jusqu’au 31 janvier 2017.

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A quoi s’attendre dans les prochains mois ? 

Forte de ses atouts : une économie ouverte, un marché intérieur important, une base industrielle solide, des infrastructures de qualité, une position géographique idéale, au cœur de l’Asie, à mi-chemin entre Hong Kong et Singapour, des liens étroits avec le Japon, la Thaïlande joue un rôle moteur dans la région du Grand Mékong. Grâce à ses fondamentaux solides, nul ne doute que le Pays s’adaptera. 

Au cours des deux dernières années, le souverain avait été soigné pour des infections bactériennes, des difficultés respiratoires, des problèmes cardiaques et une hydrocéphalie, accumulation de liquide céphalo-rachidien dans le cerveau. Ces derniers mois, le Palais royal avait régulièrment publié des communiqués sur l’état de santé du Roi. Sans avancer l’idée que la nation était prête à voir son Père fondateur partir, il est toutefois possible d’imaginer qu’elle s’y était préparée. Malgré la mort de son Roi, la Thaïlande, le peuple, l’économie, se relèveront. Comme ils l’ont toujours fait. Et en son honneur. Parce qu’au delà des clichés, le Pays du Sourire est aussi, et surtout, doté d’une immense capacité de résilience : cette propension à se reconstruire après une épreuve comme on l’a vu après le Tsunami de 2004 ou encore les innondations de 2011.

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Le Communiqué de Presse publié par l’Ambassade de France en Thaïlande le 16 octobre 2016
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