Le 2 avril 2025, une annonce choc de Donald Trump a secoué le commerce mondial : les États-Unis introduisent de nouveaux droits de douane, affectant de nombreux pays, dont la Thaïlande. Avec un taux fixé à 36 %, ce pays d’Asie du Sud-Est subit une pression économique majeure. Cet article décrypte les implications de ces droits de douane, leurs effets sur l’économie thaïlandaise et les réactions internationales.
Contexte des nouveaux droits de douane
Depuis la Maison Blanche, Donald Trump a dévoilé une politique visant à réduire le déficit commercial américain grâce à des droits de douane ambitieux. Dès le 9 avril 2025, un tarif de base de 10 % s’appliquera à toutes les importations, mais certains partenaires, comme la Thaïlande, font face à des taux bien plus élevés.
Outre la Thaïlande, d'autres pays d'Asie du Sud-Est sont également concernés par ces droits de douane, notamment le Vietnam (46 %), l'Indonésie (32 %), la Malaisie (24 %), le Cambodge (49 %), le Myanmar (44 %) et le Laos (48 %).

Réactions et mesures envisagées par la Thaïlande
Les dirigeants d'entreprises thaïlandaises ont exprimé leur inquiétude quant aux conséquences potentielles de ces tarifs sur l'économie nationale. La Chambre de commerce thaïlandaise a exhorté le gouvernement à former une équipe spéciale dirigée par le Premier ministre pour élaborer une stratégie proactive face à cette menace commerciale. Ils estiment que ces tarifs pourraient entraîner des pertes de 100 à 150 milliards de bahts, soit une réduction de 0,5 à 0,7 % du PIB, compromettant l'objectif de croissance de 3,5 % fixé par le gouvernement.
Face à cette situation, le ministère thaïlandais du Commerce, par l'intermédiaire de son secrétaire permanent Wutthikrai Leeveeraphan, a tenu une conférence de presse pour détailler les stratégies envisagées afin d'atténuer l'impact de ces tarifs. Les mesures proposées incluent des négociations commerciales intensives, la réduction des taxes à l'importation sur les produits américains et l'augmentation des importations en provenance des États-Unis pour équilibrer la balance commerciale.
Par ailleurs, des contrôles plus stricts sur les importations, y compris des certifications obligatoires et une vérification approfondie de l'origine des produits, sont préconisés pour prévenir la concurrence déloyale et le dumping.
Conséquences potentielles de ces droits de douane sur l'économie thaïlandaise
Les secteurs les plus vulnérables à ces nouveaux droits de douane incluent l'électronique, les machines et composants, les produits alimentaires transformés, les produits métalliques et les produits en caoutchouc. Ces industries, qui représentent une part significative des exportations thaïlandaises vers les États-Unis, pourraient voir leur compétitivité diminuer sur le marché américain.
De plus, la suppression par les États-Unis de l'exemption "de minimis" pour les colis en provenance de Chine et de Hong Kong d'une valeur inférieure à 800 $ pourrait indirectement affecter la Thaïlande. Cette mesure vise à empêcher les entreprises chinoises de contourner les tarifs en expédiant des produits via des pays tiers, ce qui pourrait compliquer les chaînes d'approvisionnement régionales.
Ces droits de douane pourraient bouleverser les chaînes d’approvisionnement mondiales. La Thaïlande, souvent utilisée comme alternative à la Chine, doit désormais repenser sa stratégie. Les négociations avec Washington seront déterminantes pour atténuer les effets de ces mesures. En attendant, le pays mise sur la diplomatie pour préserver sa place dans l’économie globale.
En somme, les nouveaux droits de douane imposés par les États-Unis redessinent les échanges internationaux. Pour la Thaïlande, touchée par un taux de 36 %, l’enjeu est clair : s’adapter rapidement pour limiter les dégâts.