Le baht au plus bas depuis 14 mois
Le baht thaïlandais traverse une période de faiblesse marquée. La monnaie nationale est tombée à 33,64 bahts pour un dollar américain le 21 juillet 2026, son plus bas niveau depuis 14 mois, et plusieurs analystes estiment qu’elle pourrait encore tester la zone des 34 à 34,40 bahts dans les semaines à venir.
Pour les expatriés, les retraités et les visiteurs qui transfèrent des revenus depuis l’Europe, cette évolution change concrètement le budget du quotidien : le logement, les dépenses en bahts, les transferts internationaux et les achats importés ne réagissent pas tous de la même manière.
Pourquoi le baht s’affaiblit ?
Plusieurs facteurs pèsent actuellement sur la devise thaïlandaise :
- Dollar américain plus fort : lorsque le dollar se renforce, les devises asiatiques comme le baht subissent souvent une pression mécanique.
- Prix de l’énergie et importations : la Thaïlande importe une partie importante de son énergie. Une hausse du pétrole peut donc peser sur la balance commerciale.
- Tourisme encore fragile : même si les arrivées internationales progressent, les recettes touristiques restent un facteur clé pour soutenir le baht.
- Flux de capitaux : les investisseurs arbitrent entre rendement, risque géopolitique et perspectives de taux, ce qui peut accentuer les mouvements de change à court terme.
Ce que cela change pour les expatriés
La baisse du baht n’a pas le même impact selon que l’on gagne ses revenus en euros, en dollars ou directement en Thaïlande.
Les gagnants à court terme :
- Les expatriés payés en euros, dollars ou francs suisses obtiennent davantage de bahts lors de leurs transferts.
- Les retraités qui reçoivent une pension étrangère peuvent voir leur pouvoir d’achat local s’améliorer temporairement.
- Les touristes profitent d’un taux de change plus favorable pour les dépenses sur place.
Les points de vigilance :
- Les produits importés peuvent devenir plus chers : électronique, voitures, alcool, fromages, certains médicaments ou compléments.
- Les loyers ou services facturés en devise étrangère peuvent devenir plus coûteux en bahts.
- Si la faiblesse du baht se prolonge, l’inflation importée peut finir par toucher une partie du panier de dépenses quotidien.
Faut-il transférer ses euros maintenant ?
Pour un expatrié installé en Thaïlande, la tentation est grande de transférer davantage d’argent lorsque le taux devient favorable. C’est logique, mais il faut éviter de raisonner uniquement sur le taux du jour.
La bonne approche consiste plutôt à lisser ses transferts : envoyer une partie maintenant si le taux est intéressant, garder une marge en devise forte, et éviter de convertir tout son capital d’un seul coup. Pour les gros montants — achat immobilier, installation, frais de scolarité ou retraite — une stratégie de change doit être préparée à l’avance.
À lire aussi : notre guide sur le coût de la vie en Thaïlande comparé à la France et notre article sur l’ouverture d’un compte bancaire en Thaïlande.
Et l’euro dans tout ça ?
L’euro bénéficie aussi de la faiblesse du baht, même si son évolution dépend du rapport euro-dollar. Pour les Français, Belges et Suisses qui vivent en Thaïlande avec des revenus venus d’Europe, un baht plus faible peut alléger le budget mensuel à court terme.
Mais ce gain doit être relativisé : les dépenses locales restent en bahts, tandis que certains postes — santé privée, école internationale, billets d’avion, produits importés — peuvent suivre des logiques de prix internationales.
Notre lecture pour les prochains mois
Si le baht reste faible, les expatriés déjà installés avec des revenus étrangers seront plutôt avantagés. En revanche, une devise trop faible peut aussi renchérir les importations et peser sur les prix locaux.
Pour les candidats à l’expatriation, le signal est clair : le taux de change peut améliorer le budget d’installation, mais il ne remplace pas une vraie planification financière. Avant de s’installer, il faut prévoir une réserve en devise forte, un compte local fonctionnel, une assurance santé solide et une marge pour les imprévus.
Sources : Bangkok Post, Thai Examiner, Krungthai Global Markets, Kasikorn Research Centre.
















