La Thaïlande accélère sa transition énergétique avec un plan massif de 24 milliards de bahts (environ 700 millions de dollars) visant à remplacer jusqu’à 80 000 véhicules de transport vieillissants par des modèles électriques. Une nouvelle qui concerne directement les expatriés résidant dans le royaume, notamment ceux qui utilisent les taxis, tuk-tuks et transports en commun au quotidien.
Un plan en cours d’évaluation
Le gouvernement thaïlandais examine actuellement un programme de soutien aux véhicules électriques (VE) présenté par le ministère des Transports. Selon le vice-ministre des Transports, Siripong Angkasakulkiat, le plan initial ciblait les véhicules de transport commercial — taxis, motos-taxis, tuk-tuks, bus et camions — mais une extension à toutes les catégories de véhicules est désormais à l’étude.
« Nous réévaluons la possibilité d’étendre l’aide à toutes les catégories de véhicules, pas seulement ceux destinés au transport », a déclaré Siripong à Reuters.
Pourquoi ce plan maintenant ?
La Thaïlande est le premier pôle de production automobile d’Asie du Sud-Est, mais les ventes de véhicules neufs ont chuté à leur plus bas niveau en 15 ans en 2024. L’endettement élevé des ménages et le durcissement des conditions de crédit ont freiné la demande, en particulier pour les pick-up, qui représentent pourtant plus de 60 % de la production automobile du pays.
Ce plan s’inscrit dans la stratégie plus large du gouvernement pour maintenir la position de la Thaïlande comme poids lourd régional de l’automobile, alors que les investissements étrangers dans les VE — notamment de la part des constructeurs chinois BYD et Great Wall Motor — dépassent déjà 4 milliards de dollars.
Ce qui changerait concrètement
Le soutien pourrait prendre plusieurs formes : subventions directes, prêts à taux réduits et incitations fiscales pour les véhicules ciblés remplacés selon des critères d’âge. Pour les chauffeurs de taxi dont les véhicules atteignent la limite d’âge de 10 ans en 2027, le gouvernement envisage un financement qui réduirait les remboursements quotidiens d’environ 700 bahts à 500 bahts sur cinq ans.
Le ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, a également indiqué que le programme soutiendrait l’achat de nouveaux pick-up électriques et la conversion vers des modèles compatibles avec le biodiesel B20.
Un impact concret pour les expatriés
Pour les étrangers vivant en Thaïlande, ce plan est une excellente nouvelle à plusieurs titres. D’une part, le renouvellement du parc de taxis et tuk-tuks par des véhicules électriques signifie une réduction significative de la pollution atmosphérique dans les grandes villes comme Bangkok et Chiang Mai — un sujet qui préoccupe particulièrement la communauté expatriée.
D’autre part, l’extension potentielle du programme à toutes les catégories de véhicules pourrait permettre aux résidents étrangers de bénéficier d’incitations à l’achat d’un VE, que ce soit pour une voiture particulière ou une moto électrique, très populaires pour les déplacements urbains.
En 2025, 621 166 voitures ont été vendues en Thaïlande, dont 120 301 véhicules électriques particuliers, soit près de 20 % du marché. Un chiffre qui devrait grimper avec la mise en place de ce nouveau plan.
Quand ?
Selon le vice-ministre Siripong, « il y aura certainement quelque chose cette année, mais nous devons d’abord finaliser les détails ». Les discussions devraient se poursuivre encore un mois. La décision de la Cour constitutionnelle thaïlandaise en juillet 2026, validant le plan d’emprunt d’urgence de 400 milliards de bahts du gouvernement, a ouvert la voie à ce financement.
Les constructeurs et l’Association thaïlandaise des véhicules électriques poussent pour que les incitations soient réservées aux VE fabriqués localement avec une majorité de composants thaïlandais, ce qui stimulerait l’emploi et l’économie locale.
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Source : Reuters, The Star — 23 juillet 2026
















