Véritable institution, la musique thaïlandaise puise ses influences tant dans les anciennes civilisations indochinoises que dans la musique occidentale. Les musiques traditionnelles et folkloriques font partie du paysage musical du pays.

La musique traditionnelle, qui marque son apogée au XVIIIème siècle, se compose de plusieurs styles musicaux : l’ensemble piphat, l’ensemble mahori et l’ensemble khruang sai. A l’origine, elle accompagnait les drames dansés (Khon) ainsi que le théâtre d’ombre (nang). Réfractaire à la musique influencée par l’occident, elle se démarque de la musique folklorique.

Théâtre d'ombres

La musique folklorique s’articule autour de divers genres : le mor lam, le kantrum, le luk thung, le saw et le muay thaï. Originaire de la région d’Isan, au nord-est de la Thailande, le mor lam s’est répandu sur l’ensemble du territoire grâce notamment à l’arrivée des travailleurs à Bangkok. Les instruments traditionnels du mor lan sont le khène (orgue à bouche), le nimp (luth), les chings (clochettes) et la flûte de pan. Aujourd’hui, les artistes utilisent toutefois  de plus en plus d’instruments électriques.

khène

Une influence occidentale au XXème siècle traduit une évolution de la musique thaïlandaise

Le luk thung ou musique country se développe dans les années 1920 en Thaïlande pour dénoncer les conditions de vie des thaïlandais dans les zones rurales. Ce style, au succès grandissant, est marqué par des influences latino-américaines et asiatiques.

Dans les années 1930, la musique classique européenne devient de plus en plus populaire. Le jazz rencontre un franc succès. Fervent admirateur de ce genre musical, le roi Rama IX, musicien et compositeur, a contribué à sa popularité. De nombreux groupes de jazz sillonnent le pays en mélangeant des mélodies thaïlandaises et occidentales. Le mariage de ces sonorités forme le luk grung. Ce nouveau genre se transforme au fil des années en musique romantique très à la mode dans les classes aisées.

Le rock occidental et la pop se répandent dans les années 1960. Les artistes n’hésitent plus à utiliser la langue thaïe dans le rock. Bodyslam, Calories Blah Blah, Singto Numchok ou Jennifer Kim sont des artistes pop-rock très populaires aujourd’hui en Thaïlande.

Un réel bouleversement s’opère dans les années 1970. La musique engagée, pleng phua cheewit, gagne du terrain, si bien que les activistes sont contraints de s’enfuir dans les montagnes pour échapper à la répression policière. Jusqu’aux années 1990, le pleng phua cheewit a connu une popularité croissante.

Depuis les années 1990, le pop-rock thailandais reste le style musical le plus écouté, bien qu’il soit désormais concurrencé par la K-pop, originaire de Corée du sud.