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CaptureCréé il y a presque 60 ans, le Lycée français de Bangkok accueille chaque année de nombreux élèves venus du monde entier. Nous avons rencontré M. Planté, le Proviseur de cet établissement, pour en savoir un peu plus.


Pouvez-vous nous pr
ésenter le lycée français en quelques mots ?

Le lycée a été créé en 1957. Au départ situé vers Sathorn, le lycée a déménagé dans le quartier de Ramkhamhaeng depuis 12 ans. Aujourd’hui on compte environ 1 060 élèves. L’établissement dépend de l’Agence des Etablissements Français à l’Etranger (AEFE). Nous sommes homologués par l‘éducation nationale, c’est à dire que nous nous engageons à dispenser les programmes français de la petite section jusqu’à la terminale.

Comment fonctionne le lycée en termes d’organisation ?

Nous accueillons des élèves de la petite section jusqu’au bac. Comme nous sommes dans un cursus français, nous avons majoritairement des professeurs issus de l’éducation nationale. C’est une structure à taille humaine dont l’avantage est l’intégration rapide des élèves. D’un point de vue logistique, nous avons des navettes (112) qui vont chercher les élèves chez eux le matin et les ramènent le soir.

Quelle est la différence par rapport à un lycée français classique ?

Je dirais que par rapport à un lycée français classique, le cadre réel d’enseignement est plus favorable pour les élèves car ce sont des classes de petits effectifs. Comptez environ 18/20 élèves par classe, voire 14 pour certaines classes de terminale. Il y a aussi une différence au niveau des langues vivantes : il y a davantage d’heures de cours que dans un cursus classique français. Tous les élèves étudient le français, l’anglais et le thaï, plus une autre langue à partir du collège.

Qui sont les élèves du lycée français ?

Il a une quarantaine de nationalités différentes : des familles françaises bien sûr et beaucoup d’enfants de couples mixtes. Cette diversité est enrichissante pour les élèves, ils évoluent dans un cadre multiculturel, qui leur apporte une grande ouverture d’esprit.

Pourquoi choisir une éducation « à la française »?

Il faut savoir que dans tous les pays, les lycées français sont perçus et reconnus comme des établissements d’excellence. L’éducation à la française est considérée dans beaucoup de pays comme étant de grande qualité car nous offrons aux élèves un programme complet et diversifié. Ils obtiennent une manière bien précise de structurer les choses ainsi qu’un bon esprit de synthèse. Le système français est généraliste, les élèves se spécialisent tard et ont donc un socle commun de connaissances qui est apprécié. A titre d’exemple, beaucoup de diplomates de pays étrangers sont issus des écoles françaises du réseau AEFE.

Quelle est la différence avec le système anglo-saxon ?

Dans le système anglo-saxon, il y a moins d’heures de cours, c’est un système moins généraliste, plus « à la carte ». Pour donner un exemple, un élève qui n’aime pas l’histoire peut l’arrêter très tôt dans son cursus scolaire. Alors que dans le système français, beaucoup de matières sont obligatoires jusqu’au lycée. Le point fort du baccalauréat français est qu’il est reconnu par toutes les universités du monde. C’est pour cette raison que beaucoup de nos élèves partent à l’étranger. Et d’ailleurs, les universités étrangères sont souvent très satisfaites des élèves issus de notre établissement et nous incitent à en envoyer d’autres.

Que font les élèves après le Lycée français ?

La majeure partie des élèves part faire ses études en France et en Europe. Certains restent en Thaïlande pour se diriger vers des cursus internationaux. Pour aider nos élèves dans leurs choix, un forum des métiers qui a eu lieu le 23 janvier, a réuni d’anciens élèves et des universités thaïlandaises proposant des cursus en anglais.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce forum des métiers du 23 janvier ?

Le 23 janvier 2016, des professionnels divers et variés ont sensibilisé les élèves de la classe de 3eme à la terminale à leurs professions. Nous avons invité également différentes universités ou formations pour informer les élèves. L’idée est de donner aux étudiants une vision plus concrète de leur avenir.

Que faites vous en termes d’activités extra-scolaires ?

Nous proposons beaucoup d’activités : football, danse, cuisine, arts, etc. Une activité fonctionne très bien : l’école de rock. Ecole dans laquelle les élèves composent leur propre musique et jouent sur scène à la nuit du LFIB. Nous entendons aussi développer une formation informatique. L’éventail est assez large. Les activités ont lieu après les cours ou exceptionnellement le midi. On a aussi une web TV/radio très active. Les élèves de cette Web TV ont été invités à Paris pour couvrir la Cop21.

Y-a-t-il d’autres événements ?

Oui, très souvent. En ce moment, c’est la journée des jeux traditionnels en primaire, les élèves participent donc à des jeux traditionnels thaïlandais. Il y a aussi la nuit du LFIB où les élèves musiciens peuvent chanter sur scène et nous mettons en place une course d’orientation. Il y a également des sorties scolaires organisées très régulièrement pour toutes les classes, mais aussi des partenariats avec des écoles étrangères pour organiser des échanges. Il y a une vraie vie au sein de l’établissement.

Comment se passe le suivi de l’élève avec les parents ?

Comme en France, il y a des réunions parents-profs. Compte tenu des effectifs réduits, l’aspect relationnel est beaucoup plus simple.

Y-a-t-il un système de bourses ?

Oui, tous les élèves français peuvent bénéficier d’une bourse s’ils répondent aux critères requis définis par le service social de l’ambassade. Il faut être de nationalité française et être inscrit dans un établissement français. Ce sont les deux conditions sine qua none. Viennent ensuite les critères de revenu. Nous avons environ 16% d’élèves boursiers.

Y-a-t-il un réseau d’anciens élèves du Lycée français ?

Il existe un réseau officieux, mais nous sommes en train d’en créer un plus officiel. Nous aimerions lancer une association des anciens élèves à Bangkok et peut être à Paris.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

Le Lycée se trouve dans le quartier de Ramkhamhaeng depuis plus de 10 ans, mais un projet de déménagement est envisagé. Le lycée a aussi pour objectif d’augmenter le nombre d’élèves, puisqu’il y a une croissance régulière des effectifs. Par exemple, depuis cette année, nous avons ouvert une nouvelle maternelle : 8 classes d’environ 20 élèves, soit environ 160 élèves.

 Interview réalisée par Claire de Kermenguy