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Dans les années 1980 et 1990, sous le gouvernement de Prem Tinsulanonda, les investissements japonais et l’ouverture du pays permettent une certaine industrialisation de la Thaïlande, alors qu’en parallèle le tourisme joue un rôle croissant dans le développement économique du pays. Le pays est alors qualifié de tigre asiatique. La crise asiatique touchera le royaume mais ne l’empêchera pas d’être aujourd’hui une économie diversifiée qui pèse dans l’arène de l’économie mondiale. 

 

Le tourisme, seul atout de la Thaïlande ?

Lorsque l’on pense à la Thaïlande, la première image qui nous vient à l’esprit est souvent la destination touristique de référence qu’elle représente. Il est vrai que ce secteur d’activité se développe d’année en année : plus de 35 millions de touristes ont choisi la Thaïlande en 2017.

Le tourisme joue assurément un rôle important dans l’économie du pays, en témoigne la présence de nombreux hôtels : Starwood, Accor, InterContinental…  tous les grands groupes hôteliers de luxe sont présents dans les destinations les plus attractives du pays. Les chaînes hôtelières thaïlandaises ne sont pas en reste : Anantara et Dusit Thani Group sont aussi bien implantées en Thaïlande, et de manière plus générale, en Asie du Sud-Est.

Le secteur du tourisme représentait en moyenne ces dernières années près de 15 % du PIB, un taux élevé par rapport aux autres pays de l’Asie du Sud-Est et qui tend à augmenter. Ce chiffre n’est pas négligeable quand on voit la part du tourisme dans le PIB mondial (10%), mais rappelle d’autres économies comme l’Espagne où la part du tourisme s’approche de 12% ces dernières années. S’il est dangereux de trop capitaliser sur le tourisme du fait de sa variabilité, c’est tout de même un bel accomplissement d’attirer chaque année plus de touristes alors que la concurrence fait rage dans ce secteur.

 

L’ASEAN, véritable chance pour la Thaïlande et pour la croissance mondiale


Un emplacement privilégié, une ouverture féconde

La Thaïlande, c’est avant tout une position géographique stratégique : au cœur de l’Asie du Sud-Est, elle est idéalement située et offre de nombreuses perspectives de développement grâce à l’émergence des marchés voisins, comme le Laos, la Birmanie et le Cambodge.


C’est aussi une économie ouverte sur le monde : le Royaume est membre de  l’ASEAN et en est l’un des principaux exportateurs (notamment du caoutchouc, des produits électroniques, des véhicules et du riz) et importateurs (équipements électriques, carburants, de l’acier et des plastiques). Le commerce international (importations et exportations) représente près de 145 % du PIB1thaïlandais.

Les IDE (Investissements Directs à l’Étranger) représentent 35% de son PIB. Il faut dire que le pays bénéficie d’une main d’œuvre qualifiée dans  bon nombre de secteurs, et a récemment été désigné comme le 3ème pays de la zone ASEAN en ce qui concerne la facilité de faire des affaires. Le régime d’investissement en conformité avec les règles de l’OMC, la promotion du libre-échange, la position géographique stratégique… autant d’atouts qui séduisent les investisseurs étrangers. Les ressources capitalistiques qu’ils offrent à la Thaïlande permettent de faire abonder l’investissement dans des secteurs clés.

 


la Thaïlande est favorable à la facilitation des échanges et continue à simplifier bon nombre de ses procédures douanières, en ayant recours au traitement et au paiement en ligne et en instituant des services de « guichet unique ».  Les licences et prohibitions à l’importation de divers articles sont demeurées généralement inchangées pendant la période considérée.  Elles sont appliquées pour des raisons économiques, notamment pour protéger les industries naissantes.  L’OMC a souligné que la Thaïlande s’engage dans un certain nombre de procédures de sauvegarde et antidumping, allant dans le sens du commerce mondial.

 

Les secteurs clés

Le bien être


Napasai-Spa-1Mondialement connu grâce à l’ancien héritage dans le traitement et la technique du massage pour renforcer le bien être,  le secteur des cosmétiques est l’un des principaux secteurs d’activité économique du pays du sourire. Le marché national (Production + importations – exportations) représente à lui seul 4,7 Milliards de dollars en 20171, et est en augmentation constante. La demande nationale semble être une source intarissable : Les thaïlandais sont friands de ces produits cosmétiques. Le secteur des spas connaît aussi un grand succès : Plus de 10 000 personnes sont employées dans des spas.

L’hospitalité et le sens du service des thaïlandais contribuent grandement à la réussite de cette industrie, qui ne cesse de se développer.

Les importations françaises sont classées à la 3ème place (60 millions d’euros) derrière celles des Etats Unis (190 millions) et Singapour.  Yves Rocher, Clarins, l’Occitane… autant de grandes marques de cosmétiques 100% françaises qui ont réussi à se faire une place dans le Royaume thaïlandais.

https://www.export.gov/article?id=Thailand-personal-care-and-beauty-products

 


Les services


En Thaïlande, les services occupent une place très importante. Vous remarquerez rapidement qu’un grand nombre de thaïlandais sont employés dans ce secteur : vous verrez notamment les nombreux gardiens dans les espaces publics, tels que les centres commerciaux. Ces derniers sont d’ailleurs présents en très grand nombre dans les destinations principales du pays. Rien qu’à Bangkok, il en existe une trentaine : bons marché, luxueux, il y en a pour tous les goûts et tous les portefeuilles. Véritables temples de la consommation, ils sont conçus pour que le client y fasse son shopping, mange, et se divertisse. En effet, ils sont construits sur plusieurs étages, et comprennent souvent cinéma, bowling, et un étage entier consacré aux restaurants, qui sont d’ailleurs souvent présents sous forme de franchise, comme par exemple MK Restaurant, spécialisé dans la nourriture thaïlandaise, qui dispose de 200 restaurants en Thaïlande et s’est exporté au Japon, avec un total de 23 boutiques.


L’agriculture et l’agroalimentaire


la-thailande-perd-sa-place-de-premier-exportateur-de-rizLa Thaïlande est une grande puissance agricole : avec près de 6 millions d’exploitations, l’agriculture contribue à hauteur de 12% du PIB  et mobilise près de la moitié de la population active.

C’est l’un des principaux acteurs d’Asie du Sud-Est avec à la fois des productions végétales (riz, manioc, caoutchouc) et animales (poulet, crevette, thon). Le nombre important des terres agricoles et les conditions climatiques favorables sont les principales raisons du succès du pays dans ce secteur d’activité.

La filière agroalimentaire thaïlandaise est fortement orientée vers l’exportation. Ainsi, le Royaume est le deuxième exportateur mondial de riz, et leader pour ce qui est de l’ananas, du thon, ou encore de la crevette.

CP Group est un acteur majeur de l’industrie agroalimentaire thaïlandaise. Il distribue dans plus de 21 pays des denrées alimentaires, dont de la volaille. Le secteur des boissons n’est pas en reste, avec notamment Singha et Thai beverage qui se partagent le marché.

 


L’industrie automobile

Fiesta_Job1Ceremony_5Dans un tout autre registre, l’automobile tient une place importante dans l’économie thaïlandaise. Le pays avait d’ailleurs dépassé la France en 2013 (9ème rang mondial des pays constructeurs d’automobiles). Il est aujourd’hui 12ème selon l’OICA (organisateur international des constructeurs automobiles).  Avec l’Indonésie, la Thaïlande est le principal producteur de voitures de la zone Asie du Sud Est. Il faut dire que c’est une région intéressante pour les équipementiers qui sont sur place, comme le français Valeo. La position géographique du pays offre là encore un avantage non négligeable, puisqu’elle permet de fournir depuis un seul pays, tous les clients de la région.

Si l’automobile japonaise est ici légion (Toyota représente à lui seul 37% des parts de marché), les constructeurs européens et américains tendent à se faire une place. Volkswagen, Ford notamment, renforcent leur présence dans la région avec de nouvelles usines.

 

La joaillerie


La Thaïlande est un des leaders mondiaux dans l’industrie des pierres précieuses. Une main d’œuvre hautement qualifiée, des technologies sophistiquées et bon nombre de ressources naturelles, voilà la recette du succès.

Avec plus de 1 600 sociétés dans l’industrie de la joaillerie, la Thaïlande est le premier producteur de bijoux en argent, et le 5ème plus grand centre de coupe de diamants au monde. L’industrie est grandement tournée vers l’exportation (environ 6% des exportations totales du pays).

 

Conclusion

https://vivre-en-thailande.com/economie-thailande-4-0-le-plan-de-letat-thailandais-pour-developper-son-economie/408653/

Grâce à la diversité de son économie, la Thaïlande jouit d’une économie dynamique et résiliente. Le taux de croissance moyen se maintient entre 3 et 4 % sur la dernière décennie. La stratégie gouvernementale de la « Thaïlande 4.0 » va dans le sens d’une plus grande diversification mais surtout d’une meilleure spécialisation : des secteurs avec des valeurs ajoutées plus importantes sont attendues.

La Thaïlande bénéficie de nombreux avantages : une économie de marché, une population de plus de 68 millions d’habitants, un emplacement géographique stratégique. Grâce à cette position idéale au cœur de l’Asie du Sud Est, à mi-distance entre l’Inde et la Chine, le pays peut fournir aisément la totalité de la zone ASEAN, soit un marché potentiel de 600 millions de consommateurs.