Vous rêvez de lancer votre activité en Thaïlande ? Bonne nouvelle : le pays offre un environnement des affaires parmi les plus attractifs d’Asie du Sud-Est. Fiscalité allégée, coût de fonctionnement réduit, marché dynamique et accès à toute la région ASEAN — les avantages sont réels. Mais créer une entreprise en Thaïlande en tant qu’étranger obéit à des règles spécifiques qu’il est indispensable de maîtriser avant de se lancer.
Ce guide complet vous explique les structures disponibles, les conditions légales, les coûts et les étapes concrètes pour ouvrir votre société en Thaïlande en 2026.
Pourquoi créer son entreprise en Thaïlande ?
La Thaïlande se classe régulièrement dans le top 10 des destinations les plus attractives pour les investisseurs étrangers en Asie. Les raisons sont multiples :
- Impôt sur les sociétés à 20 % — l’un des plus bas de la région (France : 25 %, Singapour : 17 %)
- Pas de TVA sur les exportations
- Coût de la main-d’œuvre compétitif pour les secteurs industriels et techniques
- Position géographique centrale en ASEAN, hub de distribution régional
- Infrastructure bancaire solide (Bangkok Bank, Kasikorn, SCB)
- Exemptions BOI pour les secteurs ciblés : zéro impôt 3 à 8 ans
Pour l’expatrié qui veut s’installer durablement, créer une société est aussi souvent la voie pour obtenir un visa de travail légal — et donc rester en Thaïlande sans les tracas du visa run.
💡 Bon à savoir : Créer une société thaïlandaise ne suffit pas à elle seule pour rester légalement. Il faut aussi un permis de travail (Work Permit) valide — délivré conjointement avec un visa Non-Immigrant B.
Les structures juridiques disponibles pour les étrangers
La loi thaïlandaise sur les activités commerciales étrangères (Foreign Business Act — FBA de 1999) encadre strictement ce que les non-ressortissants peuvent faire en Thaïlande. Voici les options concrètes.
1. La société à responsabilité limitée thaïlandaise (Thai Limited Company)
C’est la structure la plus utilisée par les expatriés. La Thai Ltd Company (บริษัทจำกัด, Borrisat Jamgad) fonctionne comme une SARL française, avec quelques particularités importantes :
- Minimum 3 actionnaires (personnes physiques ou morales)
- 51 % des parts doivent appartenir à des ressortissants thaïlandais pour les activités listées au FBA
- L’étranger peut détenir 49 % maximum dans les secteurs restreints
- Capital minimum recommandé : 2 millions de THB pour obtenir un Work Permit
- Enregistrement auprès du Department of Business Development (DBD)
La règle des 51 % thaïlandais est souvent contournée via des nominees (prête-noms thaïlandais). Attention : cette pratique est illégale depuis 2006 et exposée à des sanctions. Les autorités l’ont renforcée ces dernières années.
2. La société promue BOI (100 % propriété étrangère)
Le Board of Investment (BOI) est l’agence gouvernementale qui accorde des avantages aux investisseurs stratégiques. Sous promotion BOI, un étranger peut détenir 100 % du capital de sa société — sans actionnaire thaïlandais.
Les secteurs éligibles couvrent : technologie, manufacturing, agriculture avancée, R&D, digital, formation, santé, transport et logistique. En 2025-2026, le BOI a étendu les critères pour inclure davantage de services B2B et d’activités tech.
3. Le Traité d’Amitié USA-Thaïlande (AMITY Treaty)
Exclusivement réservé aux ressortissants américains, le Treaty of Amity and Economic Relations (1966) permet aux citoyens US de posséder jusqu’à 100 % d’une société thaïlandaise dans la plupart des secteurs — sans passer par le BOI.
Restrictions : cette exception ne s’applique pas aux télécommunications, transports, assurances, banques ni à l’exploitation des ressources naturelles. Mais pour la majorité des activités commerciales, c’est une voie royale pour les Américains expatriés en Thaïlande.
4. Le Bureau de représentation (Representative Office)
Une société étrangère peut ouvrir un bureau de représentation en Thaïlande sans créer de société locale. Ce bureau ne peut pas générer de revenus directs en Thaïlande — il sert à la prospection commerciale, aux études de marché et au sourcing.
- Idéal pour tester le marché avant de s’engager
- Possibilité d’employer des salariés locaux
- Frais de fonctionnement couverts depuis l’étranger (minimum 3 millions THB/an)
- Durée initiale de 3 ans, renouvelable
5. La succursale (Branch Office)
La succursale est une extension directe de la maison mère étrangère. Elle peut générer des revenus locaux mais la responsabilité reste portée par la société mère. Elle nécessite une Foreign Business License (FBL) pour la plupart des activités.
Créer une Thai Ltd Company : les étapes concrètes
Voici la procédure standard pour créer une société à responsabilité limitée thaïlandaise en 2026 :
- Choisir un nom de société — vérifier la disponibilité sur le site du DBD (dbd.go.th). Le nom doit être en thaï ou comporter une version thaïe.
- Rédiger le mémorandum d’association — document fondateur définissant l’objet social, le capital, les actionnaires initiaux.
- Tenir une réunion constitutive — obligatoire, avec au moins 3 promoteurs.
- Enregistrer au DBD — dépôt du dossier complet (statuts, liste des actionnaires, identités des dirigeants). Délai : 1 à 5 jours ouvrés en ligne.
- Obtenir son numéro fiscal (Tax ID) auprès du Revenue Department dans les 60 jours.
- S’enregistrer à la TVA (VAT) si le CA prévisionnel dépasse 1,8 million THB/an.
- Ouvrir un compte bancaire professionnel — Bangkok Bank et Kasikorn sont les plus accessibles pour les sociétés à actionnariat mixte.
- Demander les Work Permits pour les dirigeants étrangers.
💡 Astuce Siam : Pour une Thai Ltd standard, comptez 3 à 6 semaines du début à la fin si vous avez tous les documents. Faites appel à un comptable local ou un cabinet juridique bilingue — les honoraires (15 000 à 40 000 THB) s’amortissent vite face aux erreurs administratives.
Obtenir une promotion BOI : conditions et avantages
La promotion BOI est la meilleure option pour les entrepreneurs étrangers qui souhaitent 100 % du capital sans actionnaire thaïlandais. Les avantages sont substantiels :
- Exonération d’impôt sur les sociétés de 3 à 8 ans (selon la zone et le secteur)
- Réduction de 50 % de l’IS pendant 5 ans supplémentaires après l’exonération
- Propriété étrangère à 100 % sans FBL ni actionnaire nominal
- Exemption de droits de douane sur les machines et matières premières importées
- Visas et Work Permits facilités pour les dirigeants et experts étrangers
- Droit de posséder des terres (pour certaines activités)
Pour postuler, la société doit démontrer un investissement minimum (variable selon le secteur, souvent 1 à 10 millions de THB) et s’inscrire dans les secteurs prioritaires thaïlandais : S-curve industries (robotique, aviation, médical, digital), économie créative, tourisme de qualité, agroalimentaire innovant.
Le dossier BOI se dépose en ligne sur boi.go.th. L’examen prend en moyenne 60 à 90 jours.
Coûts de création d’une entreprise en Thaïlande
| Poste | Coût estimé (THB) | Notes |
|---|---|---|
| Frais d’enregistrement DBD | 5 000 – 10 000 | Selon capital déclaré |
| Honoraires cabinet juridique | 15 000 – 40 000 | Rédaction statuts + dépôt |
| Capital social minimum recommandé | 2 000 000 | Pour 1 Work Permit étranger |
| Compte bancaire professionnel | 0 – 5 000 | Dépôt initial variable |
| Work Permit (1 an) | 3 000 | Frais officiels Immigration |
| Visa Non-Immigrant B (1 an) | 1 900 | Ambassade thaïlandaise |
| Comptabilité annuelle (petite structure) | 30 000 – 80 000 | Prestataire externe |
Au total, démarrer une Thai Ltd Company coûte entre 50 000 et 120 000 THB tout compris pour la première année (hors capital social). Soit environ 1 300 à 3 200 euros — un investissement très raisonnable pour s’établir légalement.
Visa et permis de travail : rester légalement grâce à sa société
Pour travailler légalement en Thaïlande via votre société, vous avez besoin de deux documents distincts :
- Visa Non-Immigrant B (Business) — obtenu à l’ambassade thaïlandaise dans votre pays, valable 90 jours, convertible en visa annuel.
- Work Permit — délivré par le Department of Employment. Conditions : la société doit avoir un capital social d’au moins 2 millions THB par étranger employé, et compter 4 employés thaïlandais pour 1 étranger.
Le renouvellement annuel du Work Permit nécessite de présenter les bilans comptables, le paiement des charges sociales des employés thaïlandais et la preuve de la légalité de la société (rapport DBD).
Si votre activité est promue BOI, le ratio 4:1 ne s’applique pas et les démarches sont considérablement simplifiées via le guichet unique BOI.
Alternative pour ceux qui cherchent un visa long séjour sans contrainte de ratio : le visa LTR ou le Thailand Elite permettent de rester 5 à 20 ans sans Work Permit — idéal si vos revenus viennent principalement de l’étranger.
Fiscalité des sociétés en Thaïlande en 2026
Le système fiscal thaïlandais est simple et prévisible :
- Impôt sur les sociétés (CIT) : 20 % sur le bénéfice net. Les PME (CA < 30 millions THB) bénéficient d’un taux progressif : 0 % sous 300 000 THB, 15 % de 300 001 à 3 millions, 20 % au-delà.
- TVA (VAT) : 7 % standard. Seuil d’enregistrement : 1,8 million THB/an de CA.
- Retenue à la source : 3 à 15 % selon la nature des paiements (prestataires, dividendes, royalties).
- Dividendes : 10 % de retenue à la source pour les actionnaires étrangers.
Les sociétés doivent déposer leurs comptes annuels auprès du DBD et régler leur IS en deux versements : un acompte à mi-exercice et le solde dans les 150 jours suivant la clôture.
Pour la fiscalité personnelle du dirigeant étranger (salaire, dividendes, revenus offshore), consultez notre guide complet sur la fiscalité expatrié en Thaïlande 2026 — les règles CRS ont évolué et méritent attention.
Les secteurs les plus porteurs pour les entrepreneurs expatriés
Tous les secteurs ne se valent pas pour un étranger. Voici ceux qui offrent le meilleur rapport opportunité/facilité d’accès :
- Services B2B en ligne (marketing digital, SaaS, consulting international) — activité non restreinte, facilement promue BOI
- E-commerce export — secteur favorisé par le BOI depuis 2024
- Formation et éducation — secteur libre pour les étrangers dans le cadre d’écoles internationales
- Hôtellerie et restauration — possible via Thai Ltd 49/51, très actif sur Phuket, Koh Samui, Bangkok
- Technologie et software — parmi les secteurs BOI les plus faciles à faire approuver
- Santé et bien-être (cliniques privées, médecine esthétique, spas) — forte demande, BOI éligible
Secteurs à éviter ou très contraints pour les étrangers : droit, comptabilité, architecture, agriculture traditionnelle, commerce de détail intérieur, médias thaïlandais.
Ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Quelques réalités terrain que les guides classiques ne mentionnent pas toujours :
- Les nominees, c’est fini — La pratique des actionnaires prête-noms thaïlandais est illégale. Les autorités procèdent régulièrement à des vérifications, notamment dans les secteurs immobilier et restauration. Les amendes et la dissolution de société sont les risques réels.
- L’adresse légale est obligatoire — votre société doit avoir une adresse physique enregistrée en Thaïlande. Les espaces de coworking et virtual offices offrent des solutions à partir de 3 000 THB/mois.
- Les comptes bancaires d’entreprise prennent du temps — prévoir 2 à 4 semaines après l’enregistrement pour l’ouverture effective.
- L’audit annuel est obligatoire — même pour une petite structure. Comptez 15 000 à 30 000 THB pour un auditeur certifié (CPA thaïlandais).
- Le ratio employés 4:1 est strict — si vous avez besoin d’un Work Permit, votre société doit vraiment employer 4 Thaïlandais. Les charges sociales (Social Security Fund) sont contrôlées.
Pour les investisseurs qui veulent une présence en Thaïlande sans la complexité administrative d’une société locale, le Thailand Elite offre une alternative solide : un visa long séjour de 5 à 20 ans qui permet de vivre et gérer ses affaires depuis la Thaïlande sans Work Permit local.
FAQ — Ouvrir une entreprise en Thaïlande
Un étranger peut-il posséder 100 % d’une entreprise en Thaïlande ?
Oui, sous deux conditions : soit via une promotion BOI dans un secteur éligible, soit pour les ressortissants américains via le Traité d’Amitié (AMITY). Sans ces statuts, le maximum légal est de 49 % pour les secteurs restreints par le Foreign Business Act.
Quel est le capital minimum pour créer une société en Thaïlande ?
Il n’y a pas de capital légal minimum pour une Thai Ltd, mais en pratique, 2 millions de THB sont recommandés pour obtenir un Work Permit. Pour deux étrangers employés, il faudra 4 millions de THB.
Combien de temps faut-il pour créer une société thaïlandaise ?
Pour une Thai Ltd standard, comptez 2 à 4 semaines avec un cabinet local. L’enregistrement en ligne au DBD peut être bouclé en 3 à 5 jours ouvrés si le dossier est complet. L’approbation BOI prend 60 à 90 jours supplémentaires.
Puis-je créer une société thaïlandaise sans vivre en Thaïlande ?
Oui, via un représentant local (avocat ou comptable) muni d’une procuration. Vous n’avez pas à être présent physiquement pour l’enregistrement. En revanche, le Work Permit nécessite votre présence pour la demande initiale.
La Thaïlande est-elle dans la liste des pays à convention fiscale avec la France ?
Oui. La convention fiscale franco-thaïlandaise de 1974 évite la double imposition. Elle s’applique aux revenus d’entreprise, salaires et dividendes.
Quels sont les risques si j’utilise des nominees thaïlandais ?
Dissolution de la société, amendes pouvant dépasser 500 000 THB, interdiction de séjour en Thaïlande et poursuites pénales dans les cas graves. Le risque est réel et les contrôles ont augmenté depuis 2023.
















